Flore intestinale et probiotiques

décembre 10, 2018 0 Par mathilde daffos

Il est connu assez bien maintenant qu’il est important d’avoir une bonne flore intestinale. Et qu’en cas de problème le recours aux probiotiques est conseillé par beaucoup. Ma fille étant née par césarienne, j’avais bien compris, de mes lectures et rencontres que l’allaitement était d’autant plus important dans ces cas là. Notre allaitement s’est très bien passé et il a pris fin progressivement lors de ma deuxième grossesse. Elle avait alors 18 mois.
Aujourd’hui, elle a bientôt 2 ans et il est vrai que je remarque que sa digestion est parfois un peu difficile. Césarienne, arrêt de l’allaitement, maturation normale du tube digestif , je ne pourrai prétendre en donner la cause. Cependant cela m’a fait me poser des questions sur les probiotiques, et envie de faire la synthèse de ce que je comprends de cette fameuse flore intestinale.

L’expression de flore intestinale (que j’aime beaucoup) est aujourd’hui délaissée par la communauté scientifique au profit du terme « microbiote » (petite vie). Ce sont des micro-organismes présents dans notre tube digestif principalement des bactéries. Nous les hébergeons et en échange ils nous donnent un coup de main. Et quand ils viennent à manquer, pour diverses raisons, un déséquilibre dans le processus digestif se créer, et pas seulement.
En venant au monde, l’enfant entre en contact avec la flore vaginale de sa mère. Grâce à ce contact cutané et buccal, l’enfant commence sa relation avec cette flore qui va aller ensemencer son système digestif. Et de là commence une belle histoire de coopération qui durera toute sa vie. Pour un enfant né par césarienne, ce premier contact ne se fera pas, mais il est possible de la créer pour lui (voir article césarienne) et l’allaitement aidera également au développement sa flore intestinale.
Plus tard, la bonne santé de notre petit éco-système intérieur sera en lien étroit avec notre bonne santé.

Mais qui est cette flore dont on nous parle tant?

Tout d’abord apprenons à la connaître un peu mieux.
Notre flore intestinale est une association de micro-organisme présent tout le long de notre tube digestif à des concentrations différentes selon les régions. Elle colonise très peu les parties de notre intestin grêle où nous décomposons et assimilons nous-même la nourriture. Elle se trouve la où la digestion est quasiment achevée et qu’il ne reste que ce qui n’est pas digestible. Elle est surtout présente dans le colon ascendant avec une flore spécialisée dans le métabolisme des glucides non assimilables par notre organisme (flore de fermentation). Ainsi que dans le colon descendant, où c’est une flore de putréfaction qui est présente, qui à pour rôle de terminer la digestion des protéines.

Cette flore, ou microbiote, que nous hébergeons (1,5 à 3 kg quand même!) a plusieurs fonctions. Tout d’abord elle joue un rôle dans la prévention de la porosité intestinale. Elle synthétise de petit acide gras (tel que l’acide butyrique) dont sont enduites nos villosités intestinales. Grâce à cette douce pommade, nos cellules sont plus grosses et plus stables. Cela permet une meilleure absorption des nutriments. Elle permet également d’éviter que des molécules et nutriments non digérés et donc potentiellement allergénique ne passe cette barrière. Il en va de même pour les substances novices présentes dans notre alimentation.

Nos amies les bactéries nous font également la joie de synthétiser des vitamines. Notamment la vitamine K (essentielle à la coagulation du sang) et certains vitamines du groupe B (acide folique, B12). Ces vitamines auront ensuite besoin d’un facteur intrinsèque (protéine), fabriqué dans l’estomac, pour être assimilées plus loin.

Et puis il y a bien sûr son rôle fondamental dans le système immunitaire. 80% de notre immunité passe par notre système digestif. Ce qui fait de notre intestin notre principal organe immunitaire. Les globules blancs immature passe en formation dans ces dômes lymphoïdes intercalé entre nos villosités intestinale : les plaques de Peyer. Celles-ci sont un lieu de surveillance du contenu de la lumière intestinale. La flore intestinale a elle pour fonction d’activiter notre réponse immunitaire mais aussi de la réguler, ce qui fait que nous ne sommes pas allergique à tout ce qui passe par là. Pour cela, elle produit des messagers immunitaires : les cytokines. Elle participe donc activement au maintient de l’équilibre immunitaire entre défense et tolérance.
Elle a enfin pour fonction la production d’anticorps (IgAs) qui participe à la protection de notre intestin contre des bactéries pathogènes présentes dans ce dernier.

Mais il arrive parfois que notre microbiote ne soit pas en pleine forme à cause par exemple d’un traitement antibiotique, d’une chimiothérapie, d’une maladie ou bien encore d’un stress ou d’une alimentation déséquilibrée. Les ferments lactiques que l’on trouve en pharmacie, appelé probiotiques peuvent alors nous aider à réensemencer notre flore. Cependant, ceux-ci ne présente pas une variété aussi riche que notre flore (et unique pour chaque individu). Donc même s’il peuvent nous donner un petit coup de pouce ils ne sont pas une solution à long terme. Pour chouchouter notre flore et ses habitants il nous faut manger des prébiotiques.

Comment prendre soin de notre flore?

Les prébiotiques sont des fibres présentent dans les fruits et légumes. Ces sucres complexes ne sont pas assimilables par notre organisme. Et comme nos chère bactéries ne veulent pas se nourrir à nos dépends, se sont des ces prébiotiques dont elles se délectent. Parmi celles-ci on retrouve la cellulose ou encore inuline. Les sources de fibres dans notre alimentation sont nombreuses et exclusivement végétales.

Photo : Dana Devolk

Il existe 2 types de fibres alimentaires : les fibres solubles et les fibres non-solubles. Les fibres insolubles sont l’équipe de nettoyage. Elles servent à passer le balai dans le colon et le rectum. Ainsi les déchets digestifs sont mieux évacuer. Un excès de fibres insolubles peut avoir un effet irritant. Les prébiotiques, quant à eux, font partie des fibres solubles. Elles amène des nutriments essentiels à notre organismes (vitamines, minéraux, oligo-élément et eau). Elles subissent ensuite, dans le gros intestin, la fermentation par les bactéries de notre flore intestinale. Elles favorisent donc la croissance et l’activité de la flore intestinale.

Les prébiotiques ont tout d’abord pour fonction d’améliorer l’absorption des minéraux (notamment magnésium et calcium). Ils serait impliqués dans la diminution de la perte calcique ainsi que l’abaissement des taux lipidiques sanguins (surtout triglycérines).
De par leur rôle d’activateur de la flore, ils participent également à la stimulation de l’immunité.
Ils contribuent à l’entretien de la paroi intestinal en favorisant le renouvellement des cellules du côlon et par l’inhibition de leur cancérisation (effet protecteur contre le cancer du côlon).

Ces fibres permettent également la réduction de la constipation, ce qui implique une diminution de la réabsorption de toxines présentent dans les selles. Les fibres facilitent l’évacuation des selles en jouant un rôle sur leur consistance et leur hydratation.
La formation de gaz par le processus de fermentation par les bactéries est un phénomène normal. Ces gaz,composés, entre autres, d’azote, de gaz carbonique, d’hydrogène et de méthane, doivent être non-odorants et peu abondants. Dans le cas de gaz odorants, on regardera plutôt au niveau de la consommation des protéines. Car se sera plutôt l’activité déséquilibrée de la flore de putréfaction qui en sera à l’origine. Si c’est la quantité de gaz qui est trop importante et qui provoque des ballonnements et autres troubles (en plus de l’embarras suscité par un dégazage intempestif…) cela peut être dû à une augmentation trop brutale de la consommation de fibres. Notre flore de fermentation risque de voir ses services débordés et de se mettre à métaboliser tout ce qui passe par là.

Et enfin, les fibres incitent à la mastication. Une meilleure mastication est le premier pas pour une bonne digestion. La sensation de satiété arrivera plus rapide et évitera donc une consommation non nécessaire de nourriture. Une plus longue mastication enverra des signaux plus précis au reste du système digestif qui pourra préparer les sucs digestifs les plus adaptés au bol alimentaire présent.

Références :
https://professeur-joyeux.com/2016/01/15/prebiotiques-probiotiques-merveilles-de-nature/