Le Chemin de Vie – Michel Odoul

décembre 16, 2018 0 Par mathilde daffos

Dans cette article je voulais aborder le sujet du chemin de vie. Car en naturopathie, on parle beaucoup de nutrition, sommeil, activité physique… mais la santé de notre esprit est tout aussi essentielle. Et trouver un sens à son existence est considéré comme un facteur de santé. Il permet ce sentiment de ne pas vivre inutilement. Et par conséquence de vivre sa vie plus pleinement.

Concernant le Chemin de Vie voici un texte tiré du livre de Michel Odoul, Dis moi où tu as mal je te dirai pourquoi (Albin Michel).

Il s’agit d’une allégorie qui m’a beaucoup parlé quand je l’ai lu et je voulais la partager avec vous. J’ai trouvé toute la première partie du livre très intéressante. Il y parle de la vie et de son sens, essentiellement à travers le regard de la médecine chinoise.

Le Chemin de Vie ou la Légende Personnelle

« Le Chemin de Vie est une sorte de fil conducteur que tout être humain suit au cours de son existence. Nous pouvons le comparer au scénario d’un film ou au « livre de route » des rallyemen actuels. Nous avançons sur ce chemin en utilisant un véhicule particulier qui est notre corps physique. Les Orientaux nous proposent une image fort intéressante pour ce véhicule et ce Chemin de Vie. Nous sommes, disent-ils, comme une charrette, une Calèche qui représente notre corps physique et qui circule sur un chemin qui symbolise la vie ou plutôt le Chemin de Vie. Voyons jusqu’où nous pouvons pousser cette image.

Le chemin sur lequel circule la Calèche est un chemin de terre. Comme tous les chemins de terre, il comporte des « nids-de-poule », des trous, des bosses, des cailloux, des ornières et des fossés de chaque côté. Les trous, les bosses et les cailloux sont les difficultés, les heurts de la vie. Les Ornières sont les schémas déjà existants que nous reprenons des autres et que nous reproduisons. Les fossés, lus ou moins profonds, représentent les règles, les limites à ne pas franchir sous peine d’accident. Ce chemin comporte parfois des virages qui empêchent la visibilité ou traverse parfois des zones de brumes des orages. Ce sont toutes ces phases de notre vie où nous sommes « dans le brouillard », où nous avons de la difficulté à voir clair ou à pouvoir anticiper car nous ne pouvons « voir devant ».

Cette calèche est tirée par deux chevaux, un blanc (Yang) qui est à gauche et un noir (Yi) qui est à droite. Ces chavaux symbolisent les émotions, ce qui nous montre à quel point ce sont elles qui nous tirent, voire nous mènent dans la vie. La Calèche est conduite par un Cocher qui représente notre mental, notre Conscient. Elle possède quatre roues, deux devant (les bras) qui donnent la direction ou pluôt indiquent la direction donnée par le Cocher aux chevaux, et deux derrière (les jambes), qui portent et transportent la charge (elles sont d’ailleurs toujours plus grosses que celles de l’avant). A l’intérieur de la Calèche, il y a un passager que l’on ne voit pas. Il s’agit du Maître ou Guide Intérieur de chacun de nous, de notre Non-conscient, de notre Conscience Holographique. Certains l’appellent « l’Ange Gardien ».

Notre Calèche personnelle avance donc sur le chemin de la vie, dirigée en apparence par le Cocher. Je dis bien en apparence, car si c’est bien ui qui la conduit, c’est en fait le passager qui a donné la destination. Nous retrouverons cette explication ultérieurement […]. Le Cocher, qui est notre mental, conduit donc la Calèche. De la qualité de sa vigilance et de sa conduite (ferme mais en douceur) vont dépendre la qualité et le confort du voyage (existence). S’il brutalise les chevaux (émotions) et les brime, ceux-ci vont s’énerver ou s’emballer à un moment donné et risque de conduire la Calèche à l’accident, de la manière que nos émotions nous conduisent parfois à des actes irraisonnables voire dangereux. Si le conducteur est trop relâché, s’il manque de vigilance, l’attelage va passer dans les ornières (reproduction des schémas parentaux, par exemple) et nous suivrons alors les traces des autres, en courants le risque d’aller dans le fossé comme eux s’ils l’int fait. De la même façon, s’il n’est pas vigilant, le Cocher ne saura pas non plus éviter les trous, les bosses, les nids-de-poule (coups, erreurs de la vie) et le voyage sera très inconfortable pour la Calèche, le Cocher et le Maître ou Guide Intérieur.

S’il s’endort ou ne tient pas les rênes, ce seront alors les chevaux (émotions) qui dirigeront la Calèche. Si le cheval noir est plus fort (parce que nous l’avons mieux nourri…), la Calèche va tirer à droite et être guidée par les images émotives maternelles. Si c’est le cheval blanc dont nous nous occupons le mieux et qui domine, la Calèche va tirer à gauche, vers les représentations émotives paternelles. Lorsque le Cocher conduit trop vite, force trop comme nous le faisons parfois, ou si les chevaux s’emballent, c’est le fossé, l’accident qui arrête plus ou moins violemment tout l’attelage et avec plus ou moins de dégâts (accidents et traumatismes).
Parfois, une roue ou une pièce de la Calèche lâche (maladie), soit parce qu’elle était fragile, soit parce que la Calèche est passée sur trop de bosses et dans trop de trous (accumulations de comportements, d’attitudes inadéquates). Il faut alors réparer et selon la gravité de la panne, nous allons pouvoir le faire nous-même (repos, cicatrisation), devoir faire appel à un dépanneur (médecine douce, naturelle) ou si c’es encore plus grave à un réparateur (médecine moderne). Mais il sera de toute façon important de ne pas nous contenter de changer la pièce. Il sera essentiel de réfléchir à la conduite de Cocher et à la manière avec laquelle nous allons changer nos comportements, nos attitudes face à la vie, si nous ne voulons pas que la « panne » se reproduise.

Parfois, la Calèche traverse des zones de faibles visibilité, c’est-à-dire que nous ne voyons pas vraiment où nous allons. Il peut s’agir d’un simple virage. Nous pouvons le voir et nous préparer à son arrivée en anticipant. Nous devons alors ralentir, repérer dans quel sens tourne le chemin et suivre la courbe en tenant bien les chevaux (maîtriser par exemple nos émotions quand nous vivons une phase de changement voulue ou subie). Lorsqu’il s’agit de brume ou d’orage, il nous est alors plus difficile de conduire notre Calèche. Nous devons « naviguer à vue », en ralentissant l’allure et en nous fiant aux bords immédiats du chemin. Nous devons dans cette phase faire confiance totale, pour ne pas dire « aveugle » dans le Chemin de Vie (lois naturelles, règles de la Tradition, Foi, etc) et le Maître ou guide Intérieur qui a choisi ce chemin. Ce sont des phases de la vie où nous sommes perdus « dans le brouillard » et où nous ne savons plus où nous allons. Dans ces moments-là, nous ne pouvons plus faire autrement que laisser la vie nous montrer la route.

Parfois, enfin, nous arrivons à des carrefours, des bifurcations. Si le chemin n’est pas balisé, nous ne savons pas quelle direction prendre. Le Cocher (le mental, l’intellect) peut prendre une direction au hasard. Le risque de se tromper, voir de se perdre, est grand. Plus le Cocher est sûr de lui, persuadé de tout connaître et de tout maîtriser, plus il va vouloir et penser savoir quelle direction choisir et plus le risque sera important. Nous sommes dans le règne de la « technologie rationaliste », où la raison et l’intellect croient pouvoir tout résoudre. S’il est, en revanche, humble et honnête avec lui-même, il demandera quelle route prendre au passager (Maître ou Guide Intérieur). Celui-là sait où il va, il connaît la destination finale. Il pourra alors l’indiquer au Cocher, qui la prendra, à condition que ce dernier ait été capable de l’entendre. En effet, la Calèche fait parfois beaucoup de bruit en roulant, et il est nécessaire de s’arrêter pour pouvoir dialoguer avec le Maître ou Guide Intérieur. Ce sont les pauses, les retraites que nous faisons parfois pour nous retrouver, car il nous arrive de nous perdre.
Voilà une image simple mais qui représente vraiment bien ce qu’est le Chemin de Vie. Grâce à elle nous pouvons comprendre facilement de quelle façon les choses se passent dans notre vie et ce qui peut les faire déraper. »

Michel Odoul, Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi. (Albin Michel)

Je trouve cette image très claire, et elle m’a bien aidé à adapter mon comportement lorsque que je me trouvais notamment dans des virages. Le livre aborde également des nombreuses autres questions, notamment le concept de ce que l’on appelle communément aujourd’hui le karma, mais également le processus d’incarnation. C’est une lecture que je recommande.

On peut bien voir dans cette vision l’importance d’apprendre à nous connaître. Notre Calèche autant que son Cocher ou ses chevaux. De trouver un équilibre entre notre corps et notre esprit car l’un ne marche pas sans l’autre.

Comprendre que nous sommes tous sur un chemin de vie est un premier pas essentiel à d’autres prises de conscience notamment sur nos mal-a-dies et leur messages. Mais cela sera pour un prochain article!