Nettoyage de printemps : mode d’emploi

mars 15, 2019 0 Par mathilde daffos

Nous avons vu la semaine dernière quels étaient les avantages à procéder à un entretien semestriel voir trimestriel de notre organisme grâce à une cure dépurative. Alors envie de tenter l’aventure?

Je vous rappelle que si vous avez des calculs biliaires ou que vous êtes enceinte entreprendre une cure dépurative est déconseillé. (Voir cet article pour savoir quand faire une cure dépurative et quand ne pas la faire).

Comment s’y prendre ?

Photo : La Vie en Simples

Grâce à une cure, pendant laquelle on sera particulièrement attentif à notre hygiène de vie et avec l’aide de plantes sous forme d’infusion. Pourquoi l’infusion quand il est plus facile d’avaler une gélule ? Tout simplement car l’infusion permet de combiner le pouvoir des plantes et celui de l’eau pour un nettoyage en profondeur. Deux mouvements sont essentiellement en action pour cela : celui de la remise en circulation des toxines, et celui de l’évacuation. L’eau apporte une aide considérable au mouvement d’évacuation, qui est essentiel car remettre des toxines en mouvement sans les évacuer n’est pas très productif. C’est comme tirer la chasse avec les toilettes bouchées ! Ça sert juste à en mettre partout…

Pour la durée, 10 jours sont nécessaires pour effectuer un nettoyage satisfaisant. Mais attention, plus longtemps ne veut pas forcément dire mieux. Une cure prolongée risque de créer un vide énergétique qui n’est pas recherché ici.

Plusieurs plantes sont disponibles pour nous aider à faire ce nettoyage des émonctoires. Suivant votre constitution, votre vitalité, d’éventuels troubles, une prise de médicaments, le choix d’une plante plutôt qu’une autre pourra s’avérer judicieux. Les plantes sont complexes, elles se composent des nombreuses substances, des centaines, et chacun de nous y répond différemment. Si après quelques jours de cure vous notez des désagréments, il sera nécessaire d’ajuster les dosages, ou d’essayer une plante différente qui vous conviendra peut-être mieux. Parfois simplement remettre la cure à un peu plus tard est le choix le plus judicieux. En effet une cure dépurative bien que bénéfique n’est pas anodine. La remise en circulation des toxines peut conduire à ce que certains appellent « une crise de guérison ». Comme d’habitude il y a plusieurs écoles pour la gérer! Ceux qui la pensent nécessaire et ceux qui y voient plutôt le signe qu’il faut ajuster la prise de plantes. Personnellement je suis plutôt favorable à une cure qui ne créer pas une situation désagréable. Se nettoyer remue beaucoup de chose sur tous les plans de notre être. Elle demande un certain engagement de notre part, si elle amène son lot de problème, il sera plus difficile de la faire régulièrement.

Pour clarifier les choses voici un exemple. Madame P. est sujette à de l’eczéma, en ce moment elle n’a pas de crise et souhaite faire une cure. Elle choisi une plante, planifie les 10 jours nécessaires. Toute contente, elle commence. Rapidement une crise d’eczéma se déclenche. Son organisme, n’étant pas capable de gérer la décharge de toxine qui résulte de la cure, va tenter d’éliminer les toxines par la peau. Réaction tout à fait normal mais dans le cas de Madame P. il s’avère la peau est déjà en difficultés au vue de ces crises d’eczéma. La cure va placer son organisme en état de stress. Il est donc important d’être attentif à ce que l’on mange et boit lors de la cure mais également aux messages de notre corps. Si vous avez du mal à vous écouter, le fait d’écrire un journal de bord durant la cure peut vous aider.

Au cas où le processus pour trouver la plante ou le dosage qui vous correspond, s’avère infructueux ou décourageant, n’hésitez pas à consulter un naturopathe ou phytothérapeute, nous sommes là pour vous aider.

Les bonnes attitudes à adopter pour accompagner la cure (allez, ce n’est que 10 jours…!)

On commence par la nutrition :

  • Beaucoup de légumes (le mieux :bio et de saison). Ils vont constituer la majorité de tes repas pendant cette période.
  • Cuits vapeur si automne ou hiver
  • Des crudités si bien digérés (printemps, été). Si difficulté à digérer les crudités → cuit vapeur. Le tout accompagné bien sûr d’un peu d’huile d’olive, d’aromates et épices. Il faut prendre du plaisir! Même possiblement découvrir de nouvelles recettes plus simples.
  • Côté protéines, privilégier le poisson et les viandes maigres en petite quantité, peu de graisses
  • Côté féculents, privilégier le riz accompagné de légumineuses
  • Le repas du soir doit être très léger, il faut savoir que le foie fait le plus gros travail de détoxification pendant la nuit. Si on mange un gros repas le soir, au lieu de filtrer le sang, le fois va devoir métaboliser cet excès nutritionnel. Léger le soir, très léger, salade/soupe par exemple.
  • Si vous avez la possibilité, des jus de légumes de matin c’est top! Carotte, céleri, pomme gingembre est un des mes favoris!

Le repos :

Le repos est très important pendant cette période. Là encore, c’est pendant la nuit que le foie va faire le travail.

Et allez au lit tôt, avant 22h30 si possible pour une nuit réparatrice. Surtout qu’à partir de 23h, nous rentrons dans le cycle vésicule biliaire/foie selon la médecine traditionnelle chinoise. Un bon petit livre au lit à partir de 22h et on commence bien la nuit!

Voyons maintenant 3 plantes : la pariétaire, le pissenlit et le romarin. Il en existe beaucoup d’autres. J’ai choisi de vous présenter celles-ci car se sont pour moi les plus générales. En plus se sont des plantes que l’on trouve ici en France, que vous pouvez même trouver près de chez vous.

Voici leur présentation, à vous de voir celle qui vous correspond le mieux!

La pariétaire (Parietaria officinalis)

Son nom est dérivé du latin paries, qui signifie le mur, la paroi. C’est une plante qui a une affinité particulière pour les vieux murs en pierre, les murailles. La pariétaire accompagne l’être humain depuis des millénaires.

C’est une plante très riche en minéraux, elle possède également des propriétés émollientes, diurétique, dépurative, et anti-lithiasique. Pour la cure dépurative, ce qui nous intéresse bien sur sont ses vertus dépurative et diurétique. La pariétaire va faciliter l’évacuation des toxines (action douce sur le foie et la vésicule biliaire) et améliorer le fonctionnement de l’appareil urinaire pour favoriser leur élimination au travers de l’urine également. De plus sa richesse en minéraux est un plus, car de nos jours une carence en minéraux est courante dû à la pauvreté de nos sols. La plante séchée perd de nombreux principes actifs mais majoritairement ceux en rapport avec son action sur le système urinaire. En effet, elle peut être utilisée en cas de cystite, de calculs urinaires pour lesquels elle va adoucir et resserrer, restructurer les tubes et les muqueuses enflammées du système urinaire. Dans ces cas là on la préférera fraîche. Mais en ce qui concerne la cure dépurative et la reminéralisation, la plante sèche convient très bien. Les parties utilisées sont les parties aériennes (tiges et feuilles).

Décoction courte :

  • faire frémir 2 à 3 minutes puis infusion 30 minutes.
  • 30 g / L, boire le litre dans la journée.

Les racines de pissenlit (Taraxacum officinale)

Pisse en lit, tout est dit dans le nom !

Ces feuilles sont hautement diurétiques. Mais se sont les racines qui nous intéressent ici. Celles-ci ont pour principale force d’être dépuratives. Le pissenlit pousse partout dans nos contrés. Il existe des centaines de sous-espèces. Mais toutes possèdent les mêmes propriétés médicinales.

Photo : Pierre Pelli

Tout comme la pariétaire, la racine de pissenlit va faciliter la remise en circulation de toxines et soutenir l’organisme par une action sur les reins mais aussi le foie.Le naturopathe Henry Leclerc disait du pissenlit « qu’il essore l’éponge hépatique et rince le filtre rénal ».

Bon c’est très bien tout ça, mais pourquoi prendre des racines de pissenlit plutôt que de la pariétaire ? Quelle plante te correspond le plus vu qu’elles font à peu près la même chose ? Pour moi chaque plante a un tempérament, une aura, elle est un tableau unique, le but est de trouver celle qui s’accorde avec votre peinture du moment !

La pariétaire, aussi appelé casse-pierre, perce-muraille, va nettoyer avec ce côté de casser des cailloux, des calculs. Même si cette propriété est plus valable pour la plante fraîche, elle fait partie du portrait de la pariétaire. Elle conviendra généralement à des personnes qui ont du mal à éliminer de vieilles émotions. Ces émotions vont se cristalliser sous forme de calculs. Alors que le pissenlit, avec le flèche de ses feuilles et le soleil de sa fleur est reconnu pour calmer le feu interne notamment en médecine chinoise. Son tempérament est plutôt refroidissant et asséchant. Il est par exemple utilisé en cas de rétention d’eau et d’œdèmes. Qui correspondent également à des retenues d’émotions mais qui ne prennent pas la même forme que les calculs.

Ces indices nous donnent des pistes pour savoir quelle plante nous correspond le mieux. Cependant chacun de nous répond différemment. Le meilleur moyen de savoir est encore d’essayer. On essaye, on observe et on ajuste. La dernière plante dont je voulais vous parler aujourd’hui est le romarin.

Décoction des racines de pissenlit

  • Valnet : 50 g/L, 3 tasses/jour
  • Bernard : 30 g/L , boire le litre dans la journée.
  • Faire frémir pendant 5 minutes à couvert puis laisser reposer 15 minutes.

Le romarin (Rosmarinus officinalis)

Il pousse à l’état sauvage sur le pourtour méditerranéen. Et partout dans nos jardins. Ils aiment les sols rocailleux, calcaire et bien drainé. S’il n’est pas aussi puissant au niveau aromatique dans le Jura que dans le Midi de la France, il est pour moi un indispensable du jardin ou du balcon.

Photo : La Vie en Simples

Tout comme la pariétaire et le pissenlit, il a un caractère asséchant du à l’action d’élimination recherché pour la cure dépurative. Il sera par contre légèrement réchauffant. Son action principale sera sur le foie qu’il va stimuler en douceur et protéger également. Ses principes amères vont activer les sécrétions de sucs digestifs. Le romarin va donc favoriser l’élimination des toxines principalement par l’axe foie-vésicule/intestins. Ces principes aromatiques vont participer au nettoyage du système digestif. On peut donc voir que le romarin va plutôt convenir à des personnes ayant un système digestif déséquilibré. Il va rétablir une circulation adaptée de ses organes, assainir la flore intestinale grâce à ces principes antibactériens et soulager les crampes digestives (antispasmodique).

Infusion

  • 1 branchette de romarin frais par tasse, 2 tasses par jour
  • 1 c-à-dessert des feuilles sèches par tasse, 2 tasses par jour

Voila par où commencer. Si lors de la cure, le froid te pénètre trop, ajoute du gingembre frais en diminuant le dosage de la plante choisie. Exemple : 20g/L de pariétaire avec 10g/L de gingembre frais coupé en petits morceaux. Mettre le gingembre en même temps que la pariétaire pour un décoction rapide.

Si tu es sujet à de l’hypotension, des vertiges lorsque tu te relève un peu vite, le côté drainant de la cure peut accentuer ces déséquilibres. Ajoute de la racine de réglisse (5 à 10 g/L en décoction) toujours avec le même principe de diminuer le dosage de la plante dépurative enfin de trouver l’équilibre qui te correspond.

Enfin, le goût des tisanes pour se soigner n’ont pas toujours le goût doux et agréable des tisanes cocooning du soir… Si tu as du mal à boire ta tisane à cause de cela, rajoute un peu de menthe à l’infusion, ou un peu de miel. Parfois certaines tisanes passent mieux chaudes, d’autres froides.

Si tu as des questions, des remarques, des partages d’expériences n’hésites pas à laisser un commentaire!