La marche ou le dépassement des croyances

Je me réveille. Il fait encore nuit. Je sens le métal de ma gourde contre moi. J’ai dormi avec car il a fait – 8 °C. Je suis dans mon sac de couchage à l’arrière d’un break dans le Nevada. Nous sommes arrivés sur le spot en pleine nuit. Je n’ai aucune idée de ce qui m’entoure tellement la pénombre est grande.

Nous nous habillons et sortons. Nous nous installons prêts à nous délecter du paysage merveilleux que le soleil s’apprête à dévoiler devant nos yeux.

Le grand Canyon.

Un des moment les plus époustouflants de ma vie. Découvrir cette merveille absolue de la Nature sous la lumière naissante du jour.

Levée de soleil sur le Grand Canyon

Mais le grand canyon et moi ce n’est pas seulement une histoire de merveille. C’est aussi une des randonnée la plus difficile que j’ai eu faire. Celle où j’ai eu envie d’abandonner des centaines de fois. Celle ou j’en ai chié plus que jamais.

Depuis mon plus lointain souvenir je me rappelle détester marcher. La marche était associé à un effort extrême, un marathon une prouesse physique dont les autres sont capables mais certainement pas moi.

Du genre marcher c’est pour les sportifs exceptionnels et moi dans mon corps « potelé » je ne suis pas capable de faire cet effort. Spécialement si ça monte (et je ne sais pas vous mais moi j’ai rarement vécu dans des endroits ou il n’y avait que du plat…).

Je partais défaitiste avant même de commencé à marcher. En plus quand je marchais je donnais tout, je devenais vite toute rouge, transpirante et honteuse. Comme si pour les autres c’était facile et qu’ils voient que pour moi c’était aussi difficile c’était honteux.

Et puis j’ai déménagé en Ariège. A 1000m d’altitude dans un village ou pour aller jeter la poubelle tu te prends 100m de dénivelé (j’exagère à peine…).

Je me suis retrouver dans une maison sombre et froide, sans jardin avec 2 enfants en bas-âge. Autant vous dire que pour survivre il a fallu que je sorte et que je marche et que je monte. Et puis la bas autant vous dire que la poussette n’est pas une option. Il faut porter.

(Je me demandais si cela changeait quelque chose dans le développement de mes enfants d’avoir appris à marcher dans un endroit où le plat n’existe quasiment pas)

paysage de montagne
Montagnes ariégeoises

Quelles leçons en ai-je tiré?

Honnêtement cela a été une véritable épreuve pour moi. Et en même temps une des plus belles découverte de ma vie.

J’avais en fait en moi les ressources pour marcher.

Et en plus je pouvais ressentir le bien-être que cela me procurer.

J’ai moi aussi appris à marcher en même temps que mes enfants.

J’ai appris à avancer un pas après l’autre.

J’ai appris que se concentrer uniquement sur le point d’arrivée était décourageant.

J’ai appris à adapter ma marche à mon environnement interne ET externe.

J’ai appris que la marche en forêt m’aidait à gérer mes émotions (je ne compte pas les fois ou je suis partie en claquant la porte marcher monter décharger ma colère transpirer mes frustrations et quand je rentrais j’étais sereine, vidée de cette charge émotionnelle).

Il y a des moments où je marchais un peu moins. Et là venait en moi s’immiscer le doute. Et si j’avais fait marche arrière? Et si je n’aimais plus marcher de nouveau?

Mais j’ai aussi compris que une fois que j’avais goûté au plaisir (certes moins « j’en met plein la vue » que la découverte du grand canyon) de la marche j’y reviendrais toujours, même si parfois j’étais occupé à autre chose.

Car la marche n’est plus associée à la souffrance, à l’échec, à la honte dans mon esprit. Elle est associée à la liberté, l’harmonie, au mouvement. Je me sens à ma place quand je marche, en forêt tout particulièrement. Je ne marche plus pour le regard des autres, par le regard des autres. Je marche pour moi. Avec la Nature.

Quelle question se poser pour aborder le sujet?

Aller faire des randonnées de plusieurs heures dans des lieux magnifiques, dépasser ses limites est un style de marche. Ce n’est qu’un style de marche parmi tant d’autre.

Faire le tour du quartier, une balade en forêt, seul(e) ou accompagné(e),… il en existe tant d’autres.

Aimes tu découvrir de nouveau chemin en permanence ou es tu plutôt du style à avoir un chemin que tu fais et refais jusqu’à en connaître chaque détails?

Marches tu parce qu’on t’a dit que c’était bon pour la santé ou quelques choses en toi t’attires à mettre tes chaussures et poser un pied après l’autre?

Es tu du genre à marcher vite sans regarder ce qui se trouvent autour de toi ou es tu plutôt du genre à regarder les papillons passer ? ou les deux?

2 réponses

  1. Je viens de tomber sur ton site et mis en favori ta pharmacie familiale naturelle!
    Rapport à la marche, que ce soit en montagne, au bord de l’océan pour élargir mes horizons ou en forêt pour rétablir l’équilibre, je ne saurais faire autrement qu’arpenter les sentes et sentiers pour me retrouver moi. Me situer et retrouver ma place dans ce monde qui, à mon sens, perd tout contrôle. A vouloir tout contrôler.
    Mon rythme de marche: contemplatif.
    Je prendrai un peu plus de temps pour parcourir tes articles. J’ai beaucoup aimé Ce que j’en ai vu ce matin.

    1. Bonjour Sandra, merci pour ton retour.Je suis heureuse que la pharmacie familiale naturelle est pu t’être utile.
      J’aime beaucoup comme tu parles (ou écris plutôt…) de la marche. Tu m’a donné envie d’aller me balader au bord de l’océan, cela fait bien longtemps que je n’ai pas pratiqué cette marche.
      Je te souhaite une belle découverte du site, Je réalise également un podcast ou je publie régulièrement si cela t’intéresse.
      Je te souhaite une magnifique journée.

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