Tu fais quoi quand tu te retrouves face à un rhinocéros ?

Fuir ou ne pas fuir…

J’ai 20 ans, le Népal déstabilise ma croyance de ce qu’est la vie dès mon arrivée à Katmandou.
3 semaines après, cela va mieux. Il faut dire que j’ai arrêté le « traitement » de prévention à la malaria car je me suis rendue compte des effets secondaires sur mon humeur. Mais ça c’est une autre histoire.
Toujours est-il que je suis au milieu de la brousse. Deux guides, mon compagnon de route et moi.
Avant de partir, ils nous donnent les consignes de sécurité.

Si nous croisons un rhinocéros (qui font bien plus de mort que les tigres) on court. Sauf que l’on court en zigzag en enlevant nos habits et en les abandonnant! On court en direction d’un arbre suffisamment gros et on grimpe.
Oui oui, ce sont les consignes de sécurité.
Les rhinocéros ont une très mauvaise vue et un très bon odorat. L’objectif est donc de perturber ses sens et de se cacher.

Si l’on croise un ours c’est pas la même histoire. On se regroupe. Et on grogne.
On se fait les plus gros possible. On montre que l’on est prêt, camper sur nos positions.
Si l’on fuit, c’est cuit.

La fuite peut nous sauver la vie.
Et parfois elle peut nous coûter la vie.

La liste de recommandations en cas de rencontre dans la brousse est encore longue.

Népal, septembre 2008

La fuite peut nous sauver la vie. Et parfois elle peut nous coûter la vie.

Percevoir la situation pour réagir

On peut donc voir que la fuite n’est ni bien ni mal. Par contre elle est différente de la panique. Parce que on ne se déshabille pas pour le plaisir. Si on ne fuis pas de manière appropriée on est cuit aussi. Parce qu’un rhinocéros ça court vite. Un peu plus tard, on s’est fait courser par un quand on était en jeep, et bien c’est une des expériences les plus impressionnantes que j’ai vécu avec le Peuple animal! Je ne pensais pas qu’un être aussi massif puisse bouger avec une telle vivacité.
Donc si je panique et que je pars en courant tout droit c’est cuit aussi.

Comment savoir quand fuir et quand affirmer son positionnement ?
Si on reprend l’exemple, ce sont nos sens qui donne l’information.
Est ce que je perçois un ours ou un rhinocéros ?
Et si je ne peux pas distinguer l’un de l’autre, je suis dans la mouise.

Dans ton jardin intérieur c’est la même chose. Sauf que souvent on ne nous a pas appris à regarder, entendre, goûter les mondes subtils. Et encore moins à avoir une hygiène intérieure. Notre perception des choses est parasitée par des mémoires, des croyances, des conditionnements…
Quand tu rencontres une situation dans ta vie, et que ta perception de cette situation est altérée par des pensées anxiogènes (euh voyons voir si j’ai des exemples : la perte de liberté, le permafrost, des injections, les factures, la peur du rejet,…) tu ne vas pas arriver à distinguer l’ours du rhinocéros.

De l’importance de l’hygiène mentale

Si l’on revient à notre petite histoire, c’est comme si nos guides enchaînent les consignes de sécurité avec des histoires horribles et grandement détaillées, avec photo à l’appui, de personnes qui se sont fait éviscérer par un rhinocéros. Au moindre bruit, je vais prendre mes jambes à mon cou. Même si c’est un ours qui s’approche. Car j’ai reçu des informations attisant la peur et ma perception de mon environnement n’était plus claire, elle était emprunte d’une peur issue d’informations qui en soi ne me concerne pas. Car même si je vois des photos et entends l’histoire, que je perçois seulement un récit, je n’ai pas vécu la situation. Et un récit qui vit à travers celui qui raconte et celui qui écoute.

Avoir une hygiène mentale te permet d’avoir de la clarté dans tes pensées et il en découlera de la clarté dans ta perception de la situation.
Tu pourras alors être cohérent dans tes actes et savoir si tu dois commencé à te dénuder ou à grogner.

 

Simple et précieux.

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